ABIVAX : -43,5 % en séance ! Panique injustifiée ou signal d’alarme ?
ABIVAX est une biotech que j’avais présentée en septembre dernier et sur laquelle j’étais très positif (cf. analyse). À l’époque, après la publication de résultats cliniques de phase 3 que je jugeais impressionnants, j’étais convaincu qu’ABIVAX allait susciter l’intérêt de grandes pharmaceutiques et faire l’objet d’un rachat. Les rumeurs relayées par La Lettre n’avaient fait que renforcer cette conviction, et j’anticipais une opération dès le premier trimestre 2026.
Ce scénario ne s’est malheureusement pas matérialisé.
J’ai néanmoins conservé mes titres (C’est d’ailleurs un titre que je trade activement et au vu de la volatilité actuelle, c’est encore plus le cas, cf. mes trades en bas de cette analyse)
ABIVAX avait prévu de publier des données de maintenance de la phase 3 évaluant l’obéfazimod, pour le traitement de la rectocolite hémorragique, à la fin du T2 2026.
Je suis généralement prudent avec ce type d’événement, par nature binaire. J’avais donc commencé à alléger ma position … mais j’ai malheureusement été pris de court : la société a dévoilé ses résultats le lundi soir après clôture, sans que j’aie eu le temps d’exécuter mon plan ! J’étais alors loin d’imaginer que ces résultats allaient déclencher une tempête sur le titre !
(J’avais prévu de passer de 950 à 500 titres grand maximum, d’ici le 10 juin).
Les données de maintenance ont révélé une efficacité historique, largement au-delà de mes attentes :

Les deux doses d’obéfazimod (25 mg et 50 mg) ont atteint le critère d’évaluation principal de l’essai de maintenance, avec des taux de rémission clinique ajustés au placebo de respectivement +39,3% et +40,3% (les analystes visaient 20-30 % de delta) , soit 50,8% et 51,3% de rémission contre 10,4% dans le groupe placebo !
Cela signifie qu’une personne sur 2 (en gros) est soigné de sa rectocolite hémorragique grâce à la molécule d’Abivax … ce qui est juste énorme !
Les deux doses ont également satisfait à l’ensemble des critères secondaires clés, incluant l’amélioration endoscopique, la rémission endoscopique, la rémission sans corticostéroïdes et la rémission clinique soutenue.
C’est objectivement un résultat d’une solidité rare dans le paysage des essais sur la rectocolite hémorragique (RCH). Ces chiffres placent l’obéfazimod au niveau des meilleurs standards thérapeutiques actuels.
Pourtant, les investisseurs se sont concentrés sur les cas de cancer signalés dans le bras à forte dose, éclipsant les solides résultats d’efficacité. Une réaction légitime : en développement clinique, la sécurité prime toujours sur l’efficacité. Un médicament efficace mais associé à un risque oncologique, même incertain, ne peut pas être commercialisé sans réponses claires. C’est précisément ce que le marché attend aujourd’hui d’ABIVAX.

Les cas de cancers avaient pourtant été considérés par les investigateurs comme non liés au traitement. Mais ce ne fut pas du tout l’avis du marché .. qui a paniqué avec ces cas de cancers. Il est vrai que la molécule s’était distinguée jusqu’à là, par son efficacité mais aussi par son profil de sécurité plus que rassurant ! Et là, mauvaise surprise !!
Le titre a ainsi perdu 43,5 % sur la séance de mardi ! UN CARNAGE BOURSIER !
Le marché a paniqué, certainement redouté – je fais des gros raccourcis – que la molécule présentait un profil de sécurité problématique, au point de pouvoir entraîner un Black Box Warning sur son étiquetage, voire des difficultés significatives lors du processus d’approbation par la FDA.
Pourtant, pour replacer les choses dans leur contexte, il est utile de rappeler que Rinvoq (médicament de référence dans le traitement de la rectocolite hémorragique) affiche lui-même 4 Black Box Warnings (!!) sur sa notice, sans que cela n’ait empêché son succès commercial (CA de 8,3 MD$ / an) ni son adoption large par les médecins.

Il y avait aussi des interrogations sur le niveau de trésorerie qui ne serait pas suffisant, que ces cas de cancers allaient retarder la phase de commercialisation, etc …
Décryptage du “signal cancer” : ce que les données disent vraiment
C’est le point central du débat qui mérite une lecture rigoureuse. Voici ce que le tableau de sécurité contient réellement dans le bras 50 mg :

Sur la dysplasie colique :
C’est une erreur de présentation manifeste d’Abivax. Tous les essais pivots en RCH — Rinvoq, Sotyktu, Omvoh, Velsipity — excluent la dysplasie colique de la liste des malignités et la classent comme découverte de surveillance gastro-intestinale. L’inclure dans un tableau “malignités” crée une comparaison non homogène avec les benchmarks du secteur, cela a dû alimenter la panique du marché !
Sur les 4 CCNM :
La FDA elle-même utilise le critère “malignités non-NMSC” (non-melanoma skin cancer) comme endpoint standard pour les cancers sérieux dans les essais cliniques, précisément parce que les CCNM relèvent d’une catégorie distincte.
Ils sont presque toujours traités en quelques minutes sous anesthésie locale, sans menace vitale. Les comparer à un cancer du sein ou un mélanome est une erreur catégorielle.
Noter que le groupe placebo comptait 1 CCNM pour 4 dans le bras 50 mg, à surveiller, mais dans le contexte d’une population de patients atteints de maladie inflammatoire chronique, ce n’est pas aberrant.
Les 2 cas réellement discutables :
le cancer de la prostate et le cancer du sein, dans le bras 50 mg, en l’absence de cas dans le groupe placebo. Ce sont les 2 cancers les plus fréquents aux États-Unis (respectivement n°1 et n°2 en incidence). L’argument pharmacologique clé : l’obéfazimod n’est ni génotoxique, ni mutagène, ni immunosuppresseur.
Ces cancers, détectés dans un essai de 44 semaines, étaient biologiquement en cours de développement bien avant la randomisation. Les délais de latence oncologique (minimum 2 ans même pour les leucémies radio-induites, et bien davantage pour les tumeurs solides) rendent une causalité médicamenteuse biologiquement incompatible avec la durée d’exposition.
Les réactions des analystes ne se sont pas faites attendre avec de nombreuses dégradations :
Jefferies a dégradé Abivax de “Achat” à “Conserver” et a réduit son objectif de cours de 160$ à 90$, citant les complications liées au signal cancéreux.
Wedbush a évoqué un risque de “black box warning” de la FDA, en pointant les 7 cas dans le bras 50 mg et le nouveau mécanisme d’action comme précurseurs d’un potentiel avertissement de sécurité maximal, tout en relevant le taux de rémission global de 50% comme preuve d’une efficacité robuste en monothérapie. La firme a relevé sa recommandation de “sous-performance” à “neutre” avec un objectif de cours abaissé de 110$ à 90$.
Stifel, plus nuancé, estime que le signal de malignité “ne peut pas être ignoré” mais le qualifie de “potentiel risque d’étiquetage” plutôt que de preuve d’un risque de sécurité causal clair — en soulignant la solidité des données d’efficacité.
Truist anticipe une volatilité accrue tandis que le profil du médicament sera débattu et que les perspectives d’acquisition antérieures seront réévaluées.
Mon avis (ce n’est pas un conseil) (cours de 71,2 €)
Après avoir lu et relu attentivement les différents communiqués, je pense que le marché s’est fait peur. Cette chute représentait selon moi une belle opportunité pour renforcer fortement sa position. En effet, tout porte à croire que les cas de cancers recensés ne sont pas liés à la molécule. C’est précisément ce que j’ai expliqué à mes abonnés premium :

Message du 03/06/2026 :

Il n’y a d’ailleurs eu aucun cas de cancer détecté lors de l’étude de phase 2, sur laquelle on dispose aujourd’hui d’un recul encore plus important.
On peut néanmoins formuler des critiques sérieuses à l’égard du management d’ABIVAX, qui a clairement perdu en crédibilité. La communication a été maladroite et le marché l’a sévèrement sanctionné. La société semble d’ailleurs avoir été surprise par l’ampleur de la réaction. Visiblement convaincue que les quelques cas de cancer étaient suffisamment justifiés pour ne pas nécessiter d’explications approfondies, elle a sous-estimé l’inquiétude des investisseurs. Ce fut une erreur majeure.
Ce matin, j’expliquais à nos abonnés premium que le management allait devoir réagir rapidement pour restaurer sa crédibilité. Cela n’a pas tardé : la société a annoncé la publication prochaine de nouvelles données de sécurité dans les prochains jours.
La valeur m’avait rapporté 29 K€ en 2025.

Depuis mardi, j’ai bcp tradé avec de nombreux scalps gagnants ce qui m’a permis de réaliser plusieurs milliers d’euros de gains. Ma moins value latente avoisinait cependant les 40 K€, à la fin de la séance de mardi. J’en ai repris 15 K€ et j’espère bien être gagnant dessus en 2026 !
Les scalps de mercredi :

Ma ligne (mercredi soir) :
En biotech, on ne peut être sûr de rien, mais ce repli me paraissait complètement exagéré au vu de ces quelques cas de cancer qu’on peut justifier.
J’en ai profité pour acheter près de 1000 titres supplémentaires (Attention : au moment vous lirez ce message, j’aurais certainement allégé … )

A noter que le PRU indiqué n’est pas très révélateur à cause des nombreux scalps.
En bourse, on ne peut être sûr de rien, en biotech encore moins … mais je pense que la molécule mérite de retrouver les 100 €. Et si c’est le cas, je m’en serai très bien tiré … mais c’est loin d’être terminé !
Je suis néanmoins loin d’être certain qu’une opération à 200 €, un scénario qui semblait plausible il y a encore quelques mois, soit encore d’actualité. En effet, le management devra impérativement regagner la confiance du marché et cela va prendre du temps. Il faudra bien évidemment que les craintes liées au risque cancéreux soient définitivement écartées. Au-delà des données, c’est bien l’équipe dirigeante qui est aussi en cause : elle a sans doute fait preuve d’un excès de confiance, voire d’une certaine suffisance, dans sa communication … une erreur qui se paye cash en Bourse !
De nouvelles données de sécurité seront publiées dans les prochains jours, c’est le prochain catalyseur. Elles devront confirmer que le profil de tolérance de l’obefazimod est solide et sans mauvaise surprise. Cela pourrait encore secouer !!
Les données de phase 2 dans la maladie de Crohn sont attendues au T2 2026 (retard de 6 mois). Si ces dernières s’avèrent convaincantes, un retour vers les 200 € ne serait pas impossible mais nous en sommes encore très loin et la route va être encore très longue !
David
🚨🚨Ce n’est pas un conseil d’achat !! 🚨🚨
AMF : actionnaire
Dans la dernière mise à jour de la top liste, vous y trouverez des larges cap, des titres peu valorisés et de nombreuses small caps avec des situations spéciales.
Cette top liste réunit une sélection rigoureuse de valeurs large caps et small caps, parmi les plus intéressantes de la cote : titres sous-valorisés, dossiers oubliés du marché ou sociétés susceptibles de faire l’objet d’opérations financières (OPA, OPRA, etc.).
Comme toujours : pas de promesses tapageuses, seulement du travail, de la méthode… et un peu de bon sens boursier.

A noter que la top liste est aussi incluse dans les offres PEA Optimum et Hebdo Inside
Cette liste regroupe, selon mes critères (PER, VE/RO et VE/EBITDA faibles, pipelines faiblement valorisés), les titres les plus intéressants et sous-valorisés de la cote ou susceptible de faire l’objet d’opérations financières (OPA, OPRA, etc…)

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DR BOURSE

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